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Dahira Moukhaddamatoul Khidma da la Grande mosquee de Touba..................... www.mosqueétouba.org

   

 

 

 

 

 

Le cheikh face aux autorités coloniales:
            Lorsque les prémices de sa réussite commençaient à se faire sentir, les autorités coloniales se sont mis à redouter ses activités et l’ont accusé de détention d’armes et de mobilisation pour déclencher la guerre contre elles. Ainsi, ses maisons ont été perquisitionnées de nombreuses fois sans trouver la moindre preuve. Malgré tout, les autorités coloniales ont décidé sa déportation. Il a été exilé au Gabon (1895 - 1902) et a subi toute sorte de pression et de torture dès la première nuit qu’il passa sur le chemin de l’exil.
                                   Quand je me souviens de cette nuit- là,
                                               de ce chef et de cette assignation,
                                               je pense à prendre les armes
                                               mais le Prophète prend ma défense

            Tous ces agissements ne pouvaient fléchir sa détermination. Au contraire, il leur a montré sa position dès le début dans un poème qu’il a composé dans le bateau qui le transportait vers l’exil et qui reflète la force de sa foi et de sa confiance à l’assistance de Dieu, de même qu’il dévoile ses armes dans cette guerre dans laquelle il s’engageait et dont il sortira triomphant. Ces armes qui n’étaient autres qu’une foi sincère, une totale conformité à la Sunna du Prophète- Paix et Salut sur lui- et un tasawwuf pur. 
                                   O gens qui, par égarement, croient à la trinité
                                               de Celui qui n’a ni enfant ni père!
                                               Vous m’avez déporté en disant que je suis
                                               un adorateur de Dieu et que je mène le jihâd.
                                               Vous avez raison : je suis Son adorateur
                                               et le serviteur du Prophète, l’illustre.
                                               Et votre affirmation que je mène le  jihâdest exacte:
                                               je mène le jihâdpour l’amour de Dieu le Très Haut.
                                               Je mène le jihâdpar les sciences et par la piété
                                               en étant adorateur et serviteur, et Dieu le Prédominant est témoin
                                               Mon sabre (...) c’est son tawhîd,
                                               Mes lance-roquettes (...) le Coran,
                                               Quant à mes flèches, ce sont les hadîth...
                                               Quant à mon espion, c’est un tasawwuf pur...
                                               Si les ennemies ont des armes pour lesquelles ils sont redoutés,
                                               les voici mes armes; et je mène le jihâd.

            Fort de cette confiance, il voyait la Grâce de Dieu dans ces épreuves. Il a mis son temps libre à profit en composant des poèmes et en écrivant des lettres et des recommandations pour ses adeptes.       De même qu’il a profité de toutes les occasions pour appeler à l’Islam les habitants des lieux où il a été exilé. Un grand nombre d’entre eux ont ainsi embrassé l’Islam grâce à lui. Et son appel n’était pas exclusivement destiné aux autochtones, il l’adressait aussi à ses geôliers. Ecoutons-le s’adressant à ceux-ci:
                                   O juifs et chrétiens!
                                               Soyez alliés du Meilleur des messagers.
                                               Repentez-vous à Dieu et cherchez la Guidance
                                               auprès de Lui en suivant Ahmad [le Prophète].
                                               La Thora et l’Evangile vous ont été destinés,
                                               et Dieu vous a accordé à travers eux honneur et privilège.
                                               Vous ne serez sur le Droit chemin si vous n’appliquez pas
                                               la recommandation de Dieu qui favorise qui Il veut,
                                               Si vous n’appliquez pas ce que Moise,
                                               Jésus et Mouhammad l’Elu vous ont apporté de Lui .
                                               Repentez-vous tous et précipitez-vous vers le Droit chemin,
                                               car nous n’avons qu’à suivre Ahmad.

            Constatant, après sept ans d’exil, que rien n’a changé de son attitude et de son influence,         les autorités coloniales ont décidé de tenter d’autres solutions en le ramenant au Sénégal. Quelques mois plus tard, il a été exilé de nouveau en Mauritanie avec la conviction que le complexe d’infériorité     vis-à-vis des maures, réputés pour leurs érudits et leurs hommes pieux, ne manquera de faire son effet. Mais leur surprise a été énorme lorsqu’elles se sont rendu compte du respect et de l’estime que les ouléma de ce pays manifestaient à son égard, eux qui étaient jadis les maîtres de ses ancêtres .

            Constatant l’échec, encore une fois, les autorités coloniales ont décidé en 1907 de son retour au Sénégal où il a été assigné en résidence à Thiéyène dans le Djolof (1907-1912) puis à Diourbel dans le Baol (1912-1927).

            L’étape de Diourbel peut être considérée comme la plus prospère et la plus fructueuse de sa réforme. Sa stabilité relative lui a permis la supervision directe du mouvement. C’est ainsi qu’il a construit une mosquée où il dirigeait les cinq prières quotidiennes et a planifié des horaires pour ses différentes tâches:
- des moments où il rencontrait les fidèles pour régler leurs problèmes et pour répondre à leurs interrogations;
            - des moments de causeries réservés aux hommes et d’autres aux femmes;

  1. des moments pour rencontrer les hôtes et les délégations.

            La situation est restée ainsi jusqu’à son rappel à Dieu en juillet 1927, et il a été inhumé à Touba suivant sa volonté.

 

Les successeurs de Cheikh Ahmadou Bamba :
            Le cheikh a été succédé par son fils aîné Cheikh Mouhammad Moustapha dont le souci principal était de réaliser la volonté de son père en construisant la mosquée de Touba. Pour ce faire, il a réussi à surmonter de nombreux obstacles colonialistes et à débuter les travaux de la mosquée dans des conditions très difficiles.

            En 1945, Cheikh Mouhammad al- Fâdil (Serigne Fallou) est devenu le deuxième khalif. Il a achevé les travaux de la mosquée et y a nommé des enseignants. Cette mosquée reste de nos jours la plus grande mosquée de l’Afrique de l’Ouest.

            Quant au troisième khalif, Cheikh Abdoul Ahad (1968-1989), il a réalisé l’extension et l’embellissement de la mosquée, fait interdire par la loi tous les aspects de débauche à Touba, mis en place une imprimerie pour l’édition du Coran et des œuvres du cheikh, construit et équipé une grande bibliothèque et entrepris la construction d’une université.

            Cheikh Abdoul Khadir qui a été l’Imam de Touba depuis 1968 n’est resté au khilafa que pendant onze mois (juin 1989-mai 1990) durant lesquels il a continué d’exercer la fonction d’imam.   Sa principale préoccupation a été de rappeler les fidèles à un respect plus strict des enseignements de l’Islam.

            Depuis 1990, Serigne Saliou est le khalif général des Mourides. Celui-ci continue l’œuvre de ses prédécesseurs avec un intérêt particulier à l’éducation et à la production.

 

            Il est à noter aussi les efforts grandioses de Cheikh Mouhammad-ul- Murtadâ            (Serigne Mourtala) le fils cadet du cheikh dans le domaine de l’enseignement arabo-islamique et dans le domaine de l’expansion de l’Islam en Occident. Celui-ci a fondé les Instituts Al Azhar qui se comptent aujourd’hui par centaines un peu partout au Sénégal et dans certains pays africains. D’autre part, il effectue depuis une douzaine d’années des visites annuelles dans des pays occidentaux       (Etats Unis, France, Italie, Espagne, Allemagne, Belgique) pour rencontrer aussi bien les ressortissants sénégalais que les musulmans nationaux qui ont, pour une grande partie, embrasser l’Islam grâce à ses efforts.

 

La ville de Touba, capitale des mourides :

            Au début de sa réforme, le cheikh avait besoin de temps en temps de se retirer pour méditer      et accomplir des actes de piété. Touba a été choisi dans ce cadre avant de devenir l’un des centres d’éducation évoqués plus haut.

            Pour son fort attachement à cette localité, le cheikh a défini ce que devra être le comportement de ses habitants. Dans le poème Matlab-ul- fawzayn que d’aucuns considèrent comme le projet de Touba, il dit:
                                   Mon Dieu, fais de ma demeure Touba
                                               à l’image de son nom par considération au Prophète.
                                               Je Te prie de faire d’elle une demeure pour la piété,
                                               le savoir et l’ascension spirituelle;
                                               Je Te prie de faire d’elle un lieu d’obéissance au Très Miséricordieux
                                               et un échappatoire à Satan le maudit
(...)
                                Fais d’elle en permanence une demeure pour l’apprentissage,
                                  un endroit pour la méditation et la réflexion
                                               Et une demeure pour l’orientation et l’instruction
                                               Fais d’elle une demeure où l’on sort des ténèbres
                                               vers la Lumière, et préserve-la de tous les transgresseurs.
                                  Je Te confie à jamais ma personne, ma religion, les miens et ma demeure.

                                   
Le grand Magal de Touba:

L’historique:
            L’exil du cheikh, les épreuves qu’il a eu à subir, l’échec des autorités coloniales quant à leurs tentatives de le dévier de ses objectifs, les effets positifs de cet exil sur son appel- tout cela représente sans doute une victoire pour lui et pour les principes qu’il incarnait.

            Conformément à son habitude de manifester sa gratitude envers Dieu au moment de réalisation d’un vœu ou d’éloignement d’un mal, il a consacré le 18e jour du moi de safar (l’anniversaire de sa sortie de Mbacké Bary et de son arrestation) jour de davantage d’actions de dévotion à Dieu et              a demandé à ses adeptes et à tous les musulmans de faire autant en guise de rendre grâce à Dieu.

            Le jour du Magal chacun accomplissait, là où il était, des actes de dévotion qu’il pouvait (lecture ou récitation du Coran, prières pour le Prophète, rendre visite aux proches, donner de la charité...) sans rassemblement. C’est le 2e khalif qui a eu l’idée, vers la fin des années quarante,          de réunir les adeptes à Touba à cette occasion pour pouvoir les rencontrer et discuter avec eux des questions qui concernent la communauté mouride en particulier et les musulmans en général.

Ce que les fidèles tiennent à faire durant le Magal:
Dans le cadre des actions de piété signalées plus haut (lecture ou récitation du Coran, prières pour le Prophète, rendre visite aux proches, donner de la charité...), les adeptes tiennent plus particulièrement à accomplir les actions suivantes:

1- Lire, réciter et/ou chanter les poèmes du cheikh à l’honneur du Prophète- Paix et Salut sur lui
2- Dépenser dans la voie de Dieu sous deux formes:
            - les hadaya (dons): contributions des adeptes aux projets de l’intérêt général. Ce sont les      dirigeants de la confrérie qui les reçoivent;
            - les aumônes: sont versées dans des caisses spéciales et sont distribuées aux pauvres et aux   nécessiteux après le Magal.
3- Recueillir auprès du mausolée du cheikh et de ceux de sa famille et de ses disciples
4- Visiter les lieux touristiques à Touba.

 


Allusion a la Sourate V, verset 68

Un regard sur “Recueil des poemes des Mauritaniens a l’honneur du cheikh” suffit pour avoir une idée de l’ampleur de ce respect et de cette estime. On y trouve, entre autres, des témoignages de Cheikh Sidiya Baba, Cheikh Saad Bou, etc.

Tûbâ signifie “félicitè” (voir le Coran: Sourate XIII, verset 29); il est aussi, selon la tradition du Prophète, le nom d’un arbre au Paradis

 

 

 

 

 

 

   

 

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